édito Décembre 2019

Si Jésus n’était pas né…

Catherine Pichard Knorst

Noël approche : la course aux cadeaux va commencer, les décorations de Noël vont fleurir un peu partout et les crèches dans les lieux publics vont susciter une fois de plus la colère des inspecteurs de la laïcité, ceux qui vont au tribunal pour faire interdire tous signes religieux dans les lieux publics.

Si Jésus n’était pas né, nous aurions moins de problèmes.

Oui, si Jésus n’était pas venu, finis les interminables procès pour faire cesser de sonner les cloches dans les villages, finies les discussions pour savoir si on peut travailler le dimanche. Finies les traditions, les vieilles coutumes, les fêtes religieuses qui tronçonnent le calendrier. On irait tous bosser le 25 et le 26 décembre, à Pâques, à l’Ascension, à la Pentecôte, à la Toussaint. Cela relancerait le commerce.

Oui, si Jésus n’était pas venu, on pourrait lapider les femmes adultères, crucifier les voleurs, sacrifier les handicapés. On ne parlerait pas tant de solidarité, d’entraide, d’humanisme, tous ces gros mots qui nous empêchent parfois de dormir tranquille. On aurait des hôpitaux pour les riches, des hospices pour les nantis, des écoles pour les élites. D’ailleurs si Jésus n’était pas venu, en dehors de la famille, il n’y aurait ni frère ni prochain. Et personne à aimer gratuitement. À la poubelle le respect de l’autre, le souci des humbles, la préoccupation du plus petit. Ouste les migrants, dehors les étrangers ! Enfin, pouvoir être égocentrique sans honte ni remords, pouvoir vivre d’égoïsme sans s’inquiéter du regard de Dieu. Tranquille, quoi ! Le bonheur total !

Aucun mot d’espérance, juste l’espoir que demain sera comme hier et aujourd’hui. Oui, si Jésus n’était pas né, aucun pardon possible, aucun sourire venu d’ailleurs, aucun réconfort ni aucune chaleur. Juste la solitude et le désespoir. Juste une société sans projet ni valeur, sans fondement ni avenir, qui érige des murs pour se protéger de l’étranger avec le consentement de tous.

Si Jésus n’était pas né, ni porte pour les brebis perdues, ni chemin pour les pèlerins harassés, ni salut pour ceux qui cherchent et aucune lueur à l’horizon.

Si Jésus n’était pas né, aucun espoir de pardon, de réconciliation, de paix. Ni ici… ni ailleurs. Mais heureusement, Jésus est né. Et tout est différent… enfin, tout devrait être différent. Tous les espoirs deviennent des possibles.

Joyeux Noël !